Ce qu’il faut retenir en 5 points essentiels :

  • Le BEGES n’est plus une option : pour les entreprises de plus de 500 salariés, il devient un passage obligé… et les commissaires aux comptes commencent à y être très attentifs.

  • L’IA n’efface pas la question de la consommation : derrière chaque fonctionnalité « intelligente », il y a une empreinte CPU, énergétique et financière qu’il faut assumer.

  • La complexification coûte cher : ajouter des règles, plugins ou automatisations « parce que c’est possible » génère un gaspillage réel – et souvent invisible – dans les environnements Jira/JSM.

  • La configuration est un levier puissant : même si l’infrastructure vous échappe (Cloud), la manière dont l’outil est configuré peut réduire fortement votre empreinte et améliorer la stabilité.

  • Simplifier, c’est durable : un audit de complexité, la suppression des règles inutiles et une meilleure gouvernance permettent de réduire l’impact, de fluidifier l’usage, et de remettre les équipes au centre.

Prévu par l’article L. 229-25 du Code de l’environnement, le bilan d’émissions de gaz à effet de serre (BEGES) est une obligation réglementaire pour toutes les entreprises privées de plus de 500 salariés et les sociétés publiques de plus de 250 collaborateurs.

Dès cette année, des commissaires aux comptes pourraient commencer à tiquer lors de l'approbation des comptes de sociétés qui ne seraient pas engagées dans une démarche éco-responsable.

Qu'en est-il pour votre entreprise? Comment, à votre niveau, pouvez-vous contribuer à la mise en place de cette démarche et comment nous, société de conseil, pouvons-nous vous y aider ?

Une réflexion alimentée par l'Intelligence Artificielle

Alors disons le tout de suite : cet article n'a pas été rédigé par Bard, Gemini ou ChatGPT... Et même il se pourrait qu'il soit un peu à contre courant des discours actuels que nous entendons chez nos clients. Il a été inspiré par une phrase entendue lors d'une soutenance à un appel d'offre dans une ETI. 

  • Eux : "Votre Solution n'intègre pas assez d'innovations liées à l'Intelligence Artificielle"

  • Nous : "Qu'en attendez-vous"?

  • Eux : "Euh... nous ne savons pas vraiment. Mais montrez-nous ce qui est possible et nous trouverons sans doute des usages".

Alors voilà : nous ne visualisons pas bien la valeur qui sera créée. En revanche nous imaginons bien que tout ça n'est pas gratuit... Essayez d'installer un GPT sur un poste informatique (si vous voulez tester, je vous conseille privateGPT qui se configure facilement et qui est bien documenté), chargez des fichiers et interrogez le en surveillant la consommation de ressources!

Petit exemple de l'impact sur la CPU d'une demande de résumé de documents sur PrivateGPT (une solution d’intelligence artificielle générative locale), sur la même instance que celle utilisée plus bas pour les tests. Le serveur n'est pas taillé pour ça, et on utilise de la CPU et pas de la GPU... Mais l'expérience montre quand même un impact élevé de l'opération!

Revenons à nos moutons (un constat plus ancien)

Ce constat (de chercher - et hélas - trouver un usage à une nouvelle fonctionnalité) n'est pas nouveau. Cela fait des années que nous constatons une tendance naturelle à la complexification, et à "si la fonctionnalité existe elle doit bien servir à quelque chose...". Et cela fait des années que nous la dénonçons, malheureusement assez inefficacement je l'avoue. Sauf qu'aujourd'hui on ne peut plus ignorer son impact financier et écologique. C'est le moment de s'y attaquer, d'autant que l'arrivée de l'IA va susciter quelques bonnes idées mais surtout beaucoup de mauvaises.

Donc c'est une bonne idée de s'attaquer dès aujourd'hui aux sources de gaspillage qui se cachent dans nos applications.

Réduire l’empreinte numérique : Y-a-t'il vraiment quelque chose à faire ?

Chez BleuLemon, on voit souvent que la question de l’empreinte numérique ne se joue pas uniquement dans le choix d’un outil, mais dans la manière dont il est configuré et vécu par les équipes. C’est d’ailleurs sur cet axe que nous aidons le plus nos clients : clarifier, simplifier, remettre l’essentiel au centre.

Lors du choix d'une solution, vous pouvez vous tourner vers votre fournisseur pour savoir comment lui-même est impliqué sur ces sujets. Comment les produits sont conçus, développés, et s'exécutent. Mais si vous avez déjà l'outil comment pouvez-vous faire ?

Le coût écologique de l'outil peut se décomposer de la façon suivante :

  • Son impact intrinsèque, qui prend en compte la façon dont il est conçu, et les coûts écologiques liés à son développement;

  • L'impact de l'infrastructure sur lequel il s'exécute. Dans le cas du Cloud, vous n'avez pas la main dessus. Si en revanche vous contrôlez cette infrastructure (parce qu'il s'exécute dans votre data center ou dans un Cloud privé que vous avez choisi), vous pouvez agir sur les équipements, et choisir des composants plus vertueux (en ce moment, AMD développe des GPU moins consommatrices que celles d'Nvidia par exemple). → Préciser les termes plus techniques;

  • L'impact de la configuration. C'est sur cet axe que nous pouvons vous aider à agir !

Tout ça c'est bien gentil mais est-ce que ça a vraiment un impact ?

Pour répondre à cette question, nous avons fait une expérience. Nous avons installé une version récente de Jira Software sur un serveur dédié, connecté à une base de données Postgres tournant sur le même serveur. Nous avons sollicité cette instance en créant 300 demandes par API REST via un script. Pour éviter toute pollution par la charge d'exécution du script, celui-ci s'exécute sur un serveur tiers.

Dans un second temps, nous avons configuré une automation simple, qui multiplie les valeurs de deux champs numériques positionnés à la création de la demande et stocke le résultat dans un troisième champ.

Enfin, nous avons développé un plugin Java qui réalise la même tâche.

Nous ne pouvons pas mesurer directement la consommation électrique du serveur (d'autant qu'il est physiquement installé dans un Data Center d'un fournisseur de Cloud privé, et que nous ne pouvons pas y accéder). Nous sommes donc partis du principe que la consommation électrique était un facteur de la consommation de CPU.

Nous mesurons ici l'utilisation de la CPU pour en déduire l'impact sur la consommation.

La zone (1) montre la CPU consommée par la création de 300 demandes, sans calcul particulier.

La zone (2) montre la CPU consommée par la création de 300 demandes, et déclenchement d'un listener qui multiplie les deux valeurs numériques et stocke le résultat dans un troisième champ.

La zone (3) montre la CPU consommée par la création de 300 demandes, et déclenchement d'une automation qui multiplie les deux valeurs numériques et stocke le résultat dans un troisième champ.

Les pics intermédiaires représentent les actions liées à la suppression des demandes précédemment créées (pour se remettre dans une situation similaire à celle des autres tests), et aux opérations de configuration pour activer/désactiver plugin et règle d'automation.

Ce type d’analyse montre à quel point une petite fonctionnalité peut alourdir l’empreinte numérique d’un outil. Chez BleuLemon, c’est précisément ce que nous observons lors de nos audits de complexité.

En conclusion, une toute petite fonctionnalité a des impacts élevés sur la consommation CPU (et donc sur la consommation électrique). Selon la façon dont elle est implémentée, +50% ou +150%. Et la solution la plus simple n'est pas forcément la moins couteuse!

Encore une fois, il n'est pas question de dire qu'il ne faut pas automatiser certaines actions. Elle est de se demander à chaque fois : pourquoi le fait-on? Est-ce que le jeu en vaut la chandelle?

Les conseils de Bleulemon :

Demandez-vous de quoi vous avez besoin ?

Ça a l'air simple. Et pourtant, ça ne l'est pas tant que ça. Quelques exemples :

  • Envoyer des emails n'est pas un besoin. Maintenir les gens informés l'est. Dans de nombreux cas, envoyer des mails contribue au résultat inverse! Et cela génère souvent la mise en place de règles automatiques dans les clients de messagerie pour mettre directement les mails à la poubelle (et donc encore de la consommation de ressources).

  • Générer des rapports n'est pas un besoin. Ça rassure, mais en soi cela n'apporte pas grand chose. La question à se poser est : quelle décision va me permettre de prendre cet indicateur? Si vous ne savez pas, retirez le.

  • Automatiser n'est pas un besoin. Il est louable de chercher à automatiser des tâches nécessaires, répétitives et dont le résultat est prédictible. Mais plutôt que d'automatiser une tâche non nécessaire, supprimez-la.

  • Automatiser une tâche non répétitive peut être couteux inutilement.

  • Automatiser une tâche dont le résultat n'est pas prédictible peut conduire à un désinvestissement et une perte de confiance.

Evitez les doublons

Un même process ne devrait pas être implémenté dans plusieurs outils. Vous multipliez la consommation de ressources. 

Avantages conjoints

Parce qu'une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, et comme j'en ai parlé plus haut, l'économie de moyens a des bénéfices collatéraux!

  • Une meilleure gouvernance : plus votre instance est simple et moins elle est risque de générer des fonctionnements mal contrôlés. Elle est mieux comprise, elle évolue plus facilement, ... et vos administrateurs passent plus de temps à parler avec les utilisateurs qu'à débugguer le fonctionnement des outils!

  • Un onboarding plus efficace. Et si votre environnement est mieux compris, il est mieux expliqué. Chaque nouveau collaborateur mettra moins de temps à comprendre les process et sera opérationnel plus vite. 

Que faire ?

Accompagner ce type de démarche : comprendre l’empreinte réelle, identifier les leviers de simplification, remettre de la clarté; fait partie de nos missions au quotidien. Chez BleuLemon, on travaille au plus près des DSI pour co-construire des environnements plus sobres, plus stables et plus durables.

Un audit permet souvent d’identifier ces règles invisibles, héritées ou implicites, qui contribuent fortement à la complexité perçue et réelle.

Travailler sur la réduction de l’empreinte numérique d’une instance ne relève pas uniquement de la technique : c’est un enjeu de gouvernance, de maîtrise, et de stabilité opérationnelle. Si vous êtes déjà utilisateurs de solutions, et que potentiellement le mal est déjà fait, il y a quand même une bonne nouvelle... Errare humanum est (sed perseverare diabolicum...).

Il n'est jamais trop tard. Voici un ensemble de choses que vous pourriez réaliser et que nous avons déjà mises en œuvre chez des clients.

  • Un audit de la complexité : il y a deux axes pour cet audit. Un axe technique, et un axe humain. Ou en quelque sorte, une analyse de la complexité réelle (automatisations en place, nombre d'objets manipulés, règles de notifications, plugins installés,...) et une analyse de la complexité perçue.  

  • Une liste d'actions de simplifications possibles. Les analyses préliminaires permettront de dégager des axes de simplification. Par exemple :

  • Une communication en interne : parce que quand on fait quelque chose de bien, ça serait dommage de le cacher. Et les actions faites dans le cadre de l'entreprise permettront peut être aussi de sensibiliser certains collaborateurs sur l'impact des comportements du quotidien sur l'amélioration globale de l'environnement.

Si vous voulez explorer ce sujet, ou vous faire aider, BleuLemon est là pour vous accompagner.

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